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Gamou 2015 : Baye Niass : le parcours d’un imam majestueux


iGFM (Kaolack) Un jeudi, le quinzième jour du cinquième mois de l’année lunaire de 1320, âpres l’Hégire Tayba Niasséne accueillait celui qui deviendra l’imam majestueux de la fayda Tijani. Il consacra sa vie entière à l’Islam et contribua d’une manière remarquable à son expansion dans le monde.  Gfm.sn tente de revisiter la biographie de Baye Niass ou Cheikh Al Islam et son œuvre dans l’islam.
Enfance et formation 
Il a grandi dans le giron de son père. Ce dernier, caractérisé par la chasteté, la crainte révérencielle, la bravoure, la vertu, une grande éducation, et par une grande dévotion, lui apprit le Coran, version, jusqu’a la maîtrise complète. A Bas âge, il manifestait déjà des signes patents de réussite. Mais, il redoubla d’efforts et ne les ménagea pas, en vue de l’acquisition des sciences classiques, celles qui sont énoncées (mantuqa) et celles qui sont inspirées (mafhuma). Il persévéra jusqu’a atteindre les objectifs en acquérant l’expertise avérée dans toutes les branches des sciences religieuses, en y occupant une place de premier choix, en très peu de temps. Alors, Dieu l’établit comme une miséricorde pour ses serviteurs, comme un avantage pour les métropolitains et pour les provinciaux.
C’est son père, à l’autorité ancrée et a la célébrité répandue, qui s’est personnellement chargé de son éducation. Il reçut de lui, par la grâce de Dieu, les perles des utilités et le nectar des secrets, des invocations et des us et coutumes. Par la suite, Dieu lui accorda la grande ouverture et les sciences infuses [culumun wahabiyyatun laduniyyatun : sciences infuses accordées par Dieu dans sa promiscuité, sciences qu’on n’acquiert pas par l’effort personnel ni par l’apprentissage]. Il ne les a apprises de personne.
La naissance du cheikh Al islam
Le Cheikh est né de deux parents croyants, nobles, vertueux, endurants, et cultivant la crainte. Sa mère Astou JANQAA, fille d’ Ibrahim est d’une lignée noble. Son père, AL Hadji ‘Abdallâhi Niasse, fils de Bakari, fils de Muhammadu AL Amîn, fils de Samba fils de Ridâ détenait un immense savoir et maîtrisait le Coran dont il fut un éminent exégète. Il s’est occupé seul de l’éducation de tous ses enfants, triomphant ainsi sur la volonté des autorités coloniales d’enseigner le français aux fils de marabouts afin de les bouter hors de la culture islamique. Cheikh Ibrahim fut sans conteste le plus illustre d’eux, lui qui naquit un jeudi âpres (‘Asr), le 15 du mois de Rajab en l’an 1320 âpres l’hégire du Prophète (SAW), soit en 1901 âpres la naissance de ‘Issâ (AS), dans un village dénommé Taiba niassene localité fondée par son père.
Taiba 1 (qui signifie ce qui est pur) est sémantiquement et physiquement auréolé d’un halo de pureté dont les senteurs exhalées font prendre a l’âme qui la hume son essor vers la nue de la perfection. La pureté de TaIba lui est-elle intrinsèque. Son épicentre est-elle l’être des ascendants de Baye qui l’on incarné dans toute sa splendeur? Ou sa pureté est-elle l’empreinte de celle du Cheikh Al Islam? Quelque soit l’origine de la pureté de la localité, le voyage vers Taiba est le symbole de l’élan vers la pureté intérieure dont le terme est la parfaite illumination.
Le cheikh Al Islam et ses études 
Le Cheikh Al Islam étudiait le coran sous la direction de son père et le mémorisa entièrement selon la version « warch » alors qu’il était dans sa tendre enfance, ce qui lui valut le titre de « Hâfiz ». Il rechercha le savoir, dont il maîtrisait différentes branches, auprès de son père, alors que la lumière de la beauté divine brillait sur lui et que le secret de la guidée du Prophète (SAW) était enfoui en lui. Apres le décès de son père, en l’an 1340 de l’hégire, a l’âge de 76 ans (de l’année lunaire) alors qu’il n’avait que 20ans, il n’étudia plus chez aucun maître. Et pourtant la totalité des savants qu’il a croisés durant ses longs et riches périples ont proclamé l’excellence et la vastitude de son savoir plus qu’encyclopédique. Il commença l’exégèse du Coran avec une maîtrise et une originalité stupéfiantes. Il ajoutait dans ses séances plus que n’en disaient les livres des exégètes et se donnait l’ample liberté d’apporter des correctifs dans le sens des traductions habituelles.
De la lettre du texte brut, il tirait l’esprit en ne se fondant que sur le Saint livre. Il enseignant d’ailleurs que c’est le Coran qui lui expliquait le coran. Pour cette raison il ne s’aidait que du Coran et des Hadith. Pour l’interprétation du livre. Pour sa première séance d’exégèse du coran, il envoya emprunter à l’un de ses frères le livre « Hâchiya Sâwi » qui fait autorité dans ce domaine. Celui-ci lui opposa son refus sans demander de qui il tenait l’autorisation d’une telle initiative. Il rétorqua a celui qu’il avait dépêché: » Mon frère un tel ne sait-il pas que si tout le savoir était perdu, je pourrais par la préférence (fadl) et la louange (rendue a Dieu) ramenait tout ce savoir sans que rien n’y manque?>. Je n’ai emprunté ce livre que par respect et quête de bénédictions de notre père qui s’en servait, mais nullement pour y baser et rechercher un quelconque savoir ».
De nombreuses communautés d’étudiants, de gens en quête de savoir et des savants affluaient vers lui. Il disait » Mon ouverture (a Dieu) était complète alors que j’étais au berceau et c’est depuis, que l’ensemble des hommes du caché se sont soumis a mes décrets. Aucun pas, d’Est en Ouest, n’est franchi sinon pour embrasser ma boue (constitutive). Et comment cela pourrait-il ne pas être alors que mon être est celui de Muhammad (SAW), son essence s’étant entièrement incarnée en mon être et ma beauté ? Qui me voit, voit le Prophète (SAW), son essence et sa forme. Tous mes contemporains sont saufs et s’élèvent à l’exception de celui qui refuse de suivre ma voie, prisonnier qu’il est de sa passion. Ce que j’avance, je ne l’énonce ni sous l’emprise de l’euphorie, ni a des fins de prosélytisme. Je suis celui qui accorde à chacun des élus mon aval avant qu’il ne soit agréé. C’est par moi que guérira l’énorme plaie du monde. C’est par mon effusion que la religion élèvera son étendard. Qui veut viendra a cette effusion de grâces divines avant sa mort, qui veut t également se détournera comme le font les damnés Quiconque cherche à éteindre cette lumière, Allah refuse de l’éteindre quelques répulsions qu’en éprouve mes ennemis>
Quelques qualités de Cheikh Ibrahim Niass 
 Le Cheikh possédait de très belles et nobles qualités, toutes marquées du sceau de la complétude lesquelles suscitaient l’attirance de tous ceux qui le connurent. Il entretenait des relations avec des personnes de nationalités diverses. Il ne proférait que les meilleures paroles et était d’une grande générosité. Il était véridique et son cœur pur était rempli de crainte pieuse. Il était magnanime et disait » j’ai un regard pour le fils d’Adam par lequel il m’est impossible de le détester>. Il était toujours occupé et ne connu jamais de moments de répit. Il n’était pas prisonnier du repos et du prélassèrent. Il dit un jour a un de ses fils : »Tu ne dois accorder aucun crédit au mot repos dans ce monde, car il n’y en point>. Il était tour a tour l’Imam qui lisait les prônes et dirigeait les prières, le professeur émérite, le juge droit et juste, le prêcheur vivifiant, l’éducateur et l’élévateur aux hautes stations spirituelles, l’invoquant par le sir, l’exégète et le savant au savoir pur et sublime. Il était un lecteur assidu du Coran qu’il clôturait bi hebdomadairement: il lisait et récitait hebdomadairement le Saint Livre.
Il était très préoccupait par la communauté de Muhammad (SAW) et disait : » Mon dessein est de la conduire a la présence du Bon Très Miséricordieux qu’est Allah>. Ils n’adoreront ainsi plus personne sinon Allah. Il tenait en estime ses disciples et les couvrit de bienfaits qui les lièrent a sa personne au point qu’un noble savant mauritanien Al Ukhta Olid Muhamed Baba écrivit ses vers : » Je suis l’esclave du Cheikh Ibrahim. S’il veut il me vend, s’il veut il m’anobli. Il m’a asservi par les honneurs, car l’honneur possède le noble.> Il plaçait une solide confiance en Dieu et le priait en toute pitié malgré la faveur qui lui était accordé. Il disait : » Allah m’a donné le savoir et le pouvoir d’agir sur les choses. Si j’ordonne en disant mon injonction sera suivi sans tarder d’effet. Mais j’ai pris Allah pour garant. Je ne suis pas et c’est par l’ordre divin que j’agis. Cela par politesse et bonne conduite. Pour cela il m’a choisi (pour être son) ami.>Beaucoup de gens ont agit autrement âpres avoir bénéficié du secret! Il était doux, indulgent, patient et ne nourrissait aucune animosité pour ses ennemis.
Birame NDOUR

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